Plan de carrière : Steve Pavlina Vs Tim Ferriss

Tim Ferriss et Steve Pavlina sont deux extraterrestres de la vie professionnelle. Ils ne voient pas leur carrière comme la plupart des gens. Ils sont loin d’être les seuls mais eux sont particulièrement connus pour ce point, et ils communiquent fréquemment sur leur vision de ce que peut être une carrière.
Tous les deux rejettent le modèle selon lequel la vie professionnelle doit être une contrainte dans le but de gagner de l’argent.
Pourtant au delà de ce point commun ils sont partagés par une différence assez importante.

Tim Ferriss : Diminuer son temps de travail

Tim Ferriss est l’auteur du livre The Four Hour Work Week, livre best seller qui est maintenant devenu très connu (le titre français est La Semaine de Quatre Heures, vous pouvez en voir la revue sur cette adresse.

Tim Ferriss a designé sa vie complètement comme il le voulait. Avant de devenir auteur best seller, il a créé une entreprise de vente d’aliments pour le body building, qui est entièrement automatisée grâce à Internet.
Le coup de génie de Mr Ferriss est justement d’avoir réussi à organiser sa société pour qu’elle ne lui prenne que 4 heures de travail par semaine. Pour cela il a appliqué des principes qui sont vraiment astucieux, que je ne développerais pas ici, mais que vous pouvez découvrir sur les revues que j’ai cité plus haut.

Tim Ferriss a donc réduit au minimum le travail, pour profiter pleinement de sa vie comme il l’entend, selon le style de vie de ceux qu’il appelle les Nouveaux Riches. Les nouveaux riches ne sont pas simplement riches en argent, ils sont aussi riches en temps, en mobilité (voyages) et en liberté. Je vous conseille vraiment de lire son livre. Il exagère un peu parfois, mais les idées qu’il développe et qu’il ose appliquer vont faire bouillir votre cerveau quand vous les lirez. C’est vraiment Monsieur “think-outside-the-box”.

Comme la plupart des gens Tim Ferriss divise la vie professionnelle du reste de sa vie, seulement lui, il réduit au max le temps consacré à la vie professionnelle. Pendant 4 heures par semaine, il travaille, pour avoir suffisamment d’argent. Le reste du temps il fait ce qu’il veut. C’est vraiment ingénieux comme approche, surtout quand on voit que ça marche effectivement et qu’il passe son temps à parcourir le monde, mais ce n’est pas l’approche de Steve Pavlina.

Steve Pavlina : Partager ses passions

De son côté, Steve Pavlina ne fait pas cette division. Pour lui, peu importe le manque d’argent ou les considérations de durée du travail. Une chose importe : faîtes ce que vous voulez de votre vie, vivez vos passions, même si vous manquez d’argent. Quittez votre job s’il ne vous plait pas. Mieux vaut vivre sous un pont que de passer son temps dans un job qui n’est pas votre passion. Au lieu de vous aménager du temps libre en réduisant au maximum le temps de travail, faîtes ce que vous aimez directement à plein temps, sans attendre d’avoir l’argent nécessaire pour vous aménager du temps libre.
Pour lui, c’est précisément en faisant ce que vous aimez que vous vous mettrez à gagner de l’argent et à vivre sans restriction. Son conseil est de trouver le point où travail et passion ne font plus qu’un. Work is love made visible, la citation de Khalil Gibran de mon précédent billet s’applique tout à fait à lui.
Il affirme que c’est précisément l’approche utilisée avec sa carrière. Steve Pavlina est un bloggueur professionnel, qui aime écrire des articles sur le thème du développement personnel, et c’est aussi grâce à son blog (un des plus lus au monde) qu’il vit et gagne son argent (d’ailleurs il semble gagner pas mal le bougre).

Il affirme que, si vous ne vivez pas votre vie comme la plus fantastique aventure qui puisse être, vous ratez le sens de la vie. Par exemple, il donne cet exercice :
Notez votre carrière actuelle sur une échelle de 1 à 10. Est-ce que vous appréciez l’activité ? Est-ce que vous pensez que cette activité amène une influence positive dans le monde ? Est-ce que vos collègues sont sympa ? Avez-vous la liberté de faire ce que vous voulez ?
Toutes ces questions doivent entrer en considération pour que vous notiez votre job actuel.

Quel est votre résultat ?
Si vous avez le job idéal, ou si vous avez créé votre entreprise selon vos passions, vous devriez avoir 9 ou 10. Si ce n’est pas le cas, si vous avez noté votre job avec un chiffre entre 1 et 8, alors vous n’avez pas le job idéal. Avoir un 7 est équivalent à avoir un 2, ça veut dire que vous n’êtes pas dans votre job parfait. Avoir un 7 est même pire qu’un 2, car l’apparent confort de votre job actuel va vous faire hésiter avant de partir et de commencer quelque chose de plus en rapport avec vos passions. Si vous êtes certain que votre job est médiocre, au moins vous pouvez le quitter sans regret et faire quelque chose de mieux.
Seul un 9 ou un 10, les notes excellentes, comptent. Soit vous vivez de votre passion, soit ce n’est pas le cas.

Assez extrême comme vision n’est-ce pas ?

Faut dire qu’il aime provoquer les réactions chez les gens pour les faire réfléchir. Pourtant n’est-il pas possible de vivre de sa passion et d’avoir beaucoup de succès ? Les acteurs connus, les sportifs…je citais dans un précédent billet Kelly Slater, 9 fois champion du monde de surf. N’a-t-il pas suivi sa passion pour en faire sa carrière ?
Si c’est possible, pourquoi faire autre chose ?

En pratique: mon exemple personnel

Personnellement, je préfère la vision de Pavlina, mais je pense qu’elle manque un peu de technique et de terre à terre. Je vois que – peut-être à cause de mes propres limites -, je n’en suis pas encore là et j’ai encore à développer mon projet.
J’aime bien l’attitude d’avoir le courage de ne pas avoir peur d’être pauvre pour suivre ses passions et de faire passer l’argent au second plan. Cependant, je rêve vraiment d’indépendance, et donc je ne veux pas juste vivre de ma passion. Pour le moment ma passion c’est d’aller vers l’indépendance :) et ça implique que j’ai du plaisir à rechercher les moyens qui font gagner de l’argent.

Techniquement donc, il faut prendre le temps d’adapter cette vision à ses propres limites, et d’affiner son projet.

Là je viens de commencer mon premier vrai job en France depuis la fin de mes études, depuis novembre et pour un an. C’est sympa, j’avais pas mal hésité avant de commencer, mais bon maintenant, je suis plutôt content. Il y a de bons avantages : c’est une association, l’équipe est cool, l’activité variée, on rencontre beaucoup de monde et on voyage même parfois.

Pavlina et Ferriss ne mentionnent pas forcément qu’on peut apprécier la période pour se construire. Mon job n’est pas ma passion, il me tarde que ça le devienne, mais en attendant, je suis content d’être où je suis. C’est suffisamment inconfortable pour me donner envie de développer mes projets en parallèle et suffisamment un challenge pour que j’apprenne beaucoup tant que j’y suis.

Sortir de la “rat race“, que cela soit en constituant un système qui rapporte de l’argent tout seul à la Tim Ferriss ou en partageant mes passions à la Pavlina, ça reste un objectif que je trouve très motivant en lui-même !

Je développe donc des activités en plus de mon job (cours à domicile et création de plusieurs sites web), qui restent modestes mais qui commencent à me rapporter de l’argent, et qui me font ressentir le plaisir de marcher vers l’indépendance. Je rencontre des personnes qui ont les mêmes objectifs, (j’ai notamment un pote qui a 26 ans et qui a créé deux entreprises !), j’apprends sur le sujet, je réfléchis et teste différentes idées. Le vrai challenge est de réussir à faire tenir tout ça dans mon emploi du temps. C’est pas pour rien que je développe ma discipline personnelle en ce moment…
On verra dans un an ou deux si ça porte ses fruits ou si viendra un moment où il faudra plonger plus entièrement dans le bain !

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Commentaires

Superbe résumé, j’ai découvert Steve très récemment, et je dois dire que je ne suis pas déçu.

Cependant j’aimerais développer ce que Tim met en avant.

Le principe de la semaine de 4 heures c’est avant tout “rentabilité et efficacité” mais avec une équation qui inclus la dimension temps personnel.

En fait il ne diminue pas le travail, il l’optimise ce qui est un tantinet différent. L’optimisation des processus, savoir calculer le vrai coût d’une action, est-ce utile? est-ce rentable ? est-ce externalisable ? ….

La vraie équation c’est est-ce vraiment rentable de faire quelque chose pendant 1h pour sauver 50 euros d’externalisation, alors que je peux gagner en 1heure 100 euros.
D’un coté j’économise 50 euros à faire une tâche, mais de l’autre je dépense 50 euros pour faire faire cette tâche par quelqu’un d’autre et pendant ce temps je fais une tâche plus rentable qui me rapporte 100 euros.

La deuxième solution aboutit qu’au final j’ai le résultat de deux tâches plus 50 euros. Alors que dans le premier scénario j’ai juste le résultat d’une tâche et 0 euros.

Le fait d’être réellement conscient des coûts et de la rentabilité des choses permet alors d’optimiser les processus pour augmenter la rentabilité temps/revenu, ce qui dégage du temps pour s’épanouir et vivre les “mini retraites”.

C’est d’ailleurs comme cela que l’on prend conscience que pour une famille de 2 enfants/2 parents cela coûte moins cher de faire le tour du monde en bateau (19000 euros) pendant 1 an, que de vivre à Paris pendant 1 an (35000/40000 euros) ….

Merci pour ta remarque CoachDom. Tim Ferriss a en effet une manière très intelligente de penser la rentabilité. Comme tu le montres, avec une approche consciente des coûts et des rentabilités, il arrive à casser la relation proportionnelle qu’on est habitué à voir entre le temps passer à travailler et les revenus. Au lieu de dire : “plus je passe de temps à travailler, plus je gagne de l’argent”, il va dire “plus j’optimise ma rentabilité, plus je gagne en temps, argent et liberté”. Il donne une nouvelle définition de la richesse, dans laquelle il y a beaucoup plus de temps libre pour l’individu.

Merci Alban pour cet excellent article ! J’aime beaucoup quand deux approches différentes sont comparées.

Je trouve que celles de Timothy Ferris et de Steve Pavlina diffèrent beaucoup :
– Celle de Tim Ferris est très individualiste – certains diraient égoïstes – et ne soucie pas de la valeur intrinsèque que notre business apporte au monde : le seul objectif du business est de permettre à son détenteur de vivre la vie qu’il veut, ce qu’il faut c’est avant tout que ça marche. Peu importe que l’on vende de la glace aux Esquimaux ou des produits dont on se moque complètement tant que c’est rentable et automatisé. Si la personne le souhaite, elle pourra utiliser son temps libre pour apporter une contribution significative au monde et faire le bien – c’est le sens du passage “est-ce qu’il faut empêcher la baleine d’être tuée ou penser aux enfants qui vont pouvoir s’en nourrir ?”, mais ce n’est pas une obligation.
- Steve Pavlina, au contraire, prône une approche globale qui est de prendre en compte complètement toutes les conséquences de nos actes. Pour lui, si nous nous concentrons sur le fait d’apporter une réelle valeur au monde, l’argent prendra soin de lui tout seul (ou presque). L’important est d’être des êtres les plus conscients possibles, et sachant marier aux mieux les trois vertus que sont le courage, l’amour et le pouvoir. L’argent dans ce cas n’est qu’un outil au service de notre pouvoir, et il ne doit pas être acquis au détriment du courage et de l’amour car nous introduirions un déséquilibre trop important pour parvenir à la véritable conscience, la véritable intelligence.

Cependant, Steve Pavlina dit cela, mais il gagne plus de 40 000$ par mois et n’a donc plus de soucis matériels à gérer. De plus son approche est très philosophique, et même s’il propose des outils concrets, cela manque tout de même un peu de pratique. Je pense qu’il est OK de créer un business automatisé qui ne soit pas un champion de valeur intrinsèque ou d’altruisme, tant que cela ne fait pas de mal (genre investir dans une boîte qui vend des mines anti-personnel me semble vraiment anti-éthique au possible) afin de se libérer, de pouvoir devenir un meilleur nous-même et de pouvoir se consacrer à ce que l’on apporte vraiment au monde.

Oui je partage ton interprétation. Je dois dire que j’aime beaucoup l’aspect “lightworker” de Steve, qui considère l’argent comme un moyen d’augmenter son impact mais pas comme une fin en soi.

Tim Ferriss se pose beaucoup moins de questions, il a un but, “optimiser le temps de travail pour arriver à une semaine de 4 heures”, et il fait tout ce qu’il faut pour y arriver, sans plus de considération.
Mais d’ailleurs, ce n’est qu’à la fin du livre qu’il consacre un chapitre sur ce que l’on doit faire de sa vie, avec toute une partie titrée “filling the void”.
Sa réponse personnelle quand au moyen d’apprécier la vie et de se sentir bien est “to love, be loved, and never stop learning”. Il continue en disant qu’après avoir interviewé des dizaines de “Nouveaux Riches”, les deux composantes fondamentales qui ressortent pour permettre de s’épanouir quand on a plein de temps libre sont : l’apprentissage continuel et le service à des causes justes. A la fin de la boucle, il semble donc en revenir à l’idée centrée sur le service de Steve.

PS : Au fait, c’est pas plutôt vérité, amour et pouvoir les 3 vertus ;)

Bonjour,

Tout d’abord, j’ai découvert Tim Ferriss la semaine dernière et me suis avalée son bouquin en peu de temps. Je crois que j’ai trouvé mon nouveau mentor :)
Ce qu’il dit est tellement vrai et bouscule enfin toute cette hypocrisie sur les modèles économiques du travail !
Il me tarde de pouvoir appliquer toutes ses stratégies.

Ensuite, petit bémol sur la vision de Steve Pavlina. Vision sympathique, idéale mais qui a du mal à vivre dans notre société actuelle : ne pas avoir peur de vivre de sa passion, sans un sous, oui. Mais si l’argent n’arrive jamais, c’est pas gagné. Ensuite, vivre de sa passion pour que l’argent provienne simplement et facilement lié à sa passion est super réducteur : et si demain, je veux changer de passion ? on recommence à zéro ?

Voilà pourquoi je pense que Ferriss a tout compris : il vit de ses milliers de passions qu’il change à tout va, mais sans se soucier des conséquences puisque ses revenus sont assurés par une activité indépendante. Le génie.

Pour finir, notre modèle social qui prone le travail est tellement fort et présent dans l’esprit de chacun qu’au final j’ai eu du mal à remplir le tableau des chronorêves de Ferriss. Mince alors! même si j’imagine avoir 1 million d’euros sur mon compte, et donc ne pas avoir à travailler, mes chronorêves ne sont pas si nombreux que ça. Ce que je veux dire, c’est que (comme le dit Ferriss d’ailleurs), on a passé tellement de temps à se brimer, à se sacrifier pour ce modèle social, que l’on a tout bêtement oublié ses rêves…

Il est temps de les remettre à la surface et de les réaliser !!!

Re-bonjour,
Je vois que tu as devancé mes propos dans un de tes autres posts, qui parle justement du fait que l’on a été conditionné et qu’il faut une “Transition vers l’expression de sa valeur personnelle”. C’est de ça que je parlais quand je disais que j’avais du mal à remplir le tableau des chronorêves.

Merci pour tes superbes articles !

@Anneka :T’as vu, il se dévore ce bouquin de Tim Ferriss !

C’est vrai que Ferriss s’est libéré du temps libre pour se consacrer à toutes les passions qu’il peut avoir. Ca rend les choses assez simples, le travail hyper optimisé et réduit au minimum d’une part, et les loisirs/passions d’autre part. Il fait ce qu’il veut, cependant, il ne place pas la contribution dans sa carrière mais éventuellement en dehors. Et c’est quand même assez gratifiant de pouvoir contribuer tout en travaillant.

A propos de la vision de Pavlina et du fait d’avoir plusieurs passion, en fait, c’est pas forcément un problème. Il dit lui-même qu’il a beaucoup de passions, et que c’est tout à fait possible, soit d’avoir plusieurs carrières en parallèle, soit d’avoir une passion qui rémunère et les autres qui font partie du temps libre, soit de changer de carrière à mesure que l’on change de passion.

Et si l’argent n’arrive jamais, il dirait que ce n’est pas grave, autant dormir sur un banc ou chez des amis! Lui aussi il rend les choses simples d’un côté :)
Enfin faut oser tout de même…

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